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Comment présenter des contenus linguistiques avec une méthodologie inductive ?

Costa de Valencia: Comment présenter des contenus linguistiques avec une méthodologie inductive ?

Vous pouvez lire cet article en espagnol ici

 

Commençons aujourd'hui par deux exemples de deux enseignants, qui doivent s'occuper d'une classe de niveau B1.

L'enseignant A entre dans la classe, les salue poliment et explique qu'aujourd'hui ils vont apprendre le conditionnel simple, explique la forme et les utilisations (dans ce cas, celle du conseil) et s'assure que tous les étudiants le comprennent. Il annonce ensuite qu'ils vont s'entraîner avec des exercices qui, attention, peuvent être plus ou moins dynamiques, communicatifs et motivants et, enfin, comme la veille ils ont travaillé sur les clichés et les réalités de l'Espagne, il demande aux élèves de rédiger une réponse comme devoir dans un forum d'étrangers qui viennent dans notre pays en vacances et veulent recevoir des conseils sur divers aspects culturels. Au préalable, bien sûr, il explique la typologie textuelle des messages dans les forums Internet.

L'enseignant B entre dans la classe, les salue poliment et leur explique qu'aujourd'hui ils vont apprendre à donner des conseils aux autres. Il présente en entrée certains messages dans des forums étrangers, où des Espagnols donnent des conseils aux futurs touristes sur divers aspects tels que les horaires et les plats à manger selon la région ou les vêtements à porter selon la période de l'année. Après avoir travaillé sur des aspects tels que la compréhension de texte, le lexique et l'expression orale, les élèves sont invités, individuellement, en groupes ou en binômes, à se pencher sur les formes utilisées pour donner des conseils. Les élèves émettent des hypothèses sur la formation du conditionnel ou même d'autres formes possibles qui pourraient apparaître. Des règles sont également formulées concernant les utilisations, puis contrôlées. Dans le même contexte de communication, le nouveau temps est pratiqué et/ou produit.
Quelle est la méthodologie qui se rapproche le plus de notre façon d'enseigner et qui serait la plus bénéfique pour nos étudiants ?

Bien que la réponse ne soit pas si simple et dépende de très nombreux facteurs, il semble que la recherche ait amplement démontré les avantages de l'apprentissage inductif (modèle B) par rapport à l'apprentissage traditionnel (modèle A).

L'apprentissage inductif est une méthode dite "scientifique" qui repose sur les étapes suivantes :
1. l'observation d'un phénomène
2. l'investigation (on se demande pourquoi tel phénomène se produit)
3.    Formulation d'une règle
4.    Vérification de la règle

Il s'agit d'une méthode qui, depuis longtemps, n'est pas étrangère à l'éducation, puisqu'elle a été appliquée à des sujets tels que les sciences expérimentales et a été englobée sous des dénominations telles que l'apprentissage par l'expérience ou "learning by doing". Cette méthode, évidemment, a toujours été guidée par l'enseignant, les données, l'environnement, etc.

Cette méthode rencontre cependant encore une certaine résistance dans les classes d'apprentissage des langues où l'on trouve encore trop d'exemples d'enseignement traditionnel dans notre pays ; celui où l'enseignant présente une règle comme quelque chose "d'immuable" et à partir de là, les étudiants construisent à partir d'exercices.

Cette approche inductive s'inscrit également dans la vision du CECR dans ce qu'il appelle l'approche actionnelle, qui repose sur la conception de l'apprenant en tant qu'utilisateur de la langue. L'apprenant, en tant qu'agent social, accomplit des actions dans la société ; des actions qui peuvent aller de la préparation du petit-déjeuner à la prise du bus ou au shopping. Ces actions impliquent, dans une plus ou moins grande mesure, des activités langagières communicatives.

Pour mener à bien ces activités communicatives, nous devrons évidemment développer une compétence communicative, qui se divise à son tour en différentes composantes, tant linguistiques (lexicales, grammaticales, de prononciation...) que non linguistiques (stratégiques, pragmatiques, sociolinguistiques...). 
En suivant cette approche, le développement de la compétence linguistique dans nos classes devrait donc viser des actions différentes, ce qui implique une " conception à rebours " des pratiques pédagogiques. Nous examinerions d'abord les actions que nous voulons faire faire à nos élèves, puis nous analyserions ce qu'ils doivent apprendre et enfin comment ils doivent l'apprendre, c'est-à-dire comment nous le présentons en classe. Au fil de l'histoire, la présentation de ce contenu a évolué vers le fameux "accent sur la forme".

- Concentrez-vous sur les formes. Dans le passé, les approches traditionnelles étaient basées sur l'enseignement des structures linguistiques dans des sections séparées. Ainsi, nous avons constaté que le séquençage était déterminé par les programmeurs ; nous avons trouvé des leçons séparées sur, par exemple, "l'impératif", "le subjonctif" ; etc.

- Concentrez-vous sur le sens. Lorsque les premières approches communicatives plus radicales sont apparues, l'objectif a complètement changé. L'"approche naturelle" ne visait pas à étudier la grammaire en tant que telle, mais à exposer l'apprenant à un grand nombre de données afin qu'il puisse les comprendre et ensuite, sans réflexion formelle explicite, les reproduire.

- Concentrez-vous sur la forme. Cela fait partie du processus d'apprentissage inductif. Elle cherche à attirer l'attention sur les éléments linguistiques tels qu'ils apparaissent incidemment dans l'input ; l'accent est mis sur le sens ou la communication. En d'autres termes, nous traiterons des différents éléments, mais sans sortir du cadre communicatif que l'input nous permet de faire.

L'important pour nous, en tant qu'enseignants, serait de sélectionner de bonnes contributions qui soient véridiques et engageantes. Afin d'inciter les élèves à prêter attention au contenu linguistique, nous pouvons utiliser différentes techniques :
- Mise en valeur typographique des formulaires (gras, italique, soulignement...). 
- Inondation : inonder un texte avec les éléments ciblés (il faut toutefois faire attention s'il s'agit d'un texte créé - et non d'un texte réel - afin qu'il ne paraisse pas artificiel).
- Glossaires : synonymes, traductions
- Questions ciblées (comme dans l'exemple donné au début de l'exemple B).

Bien que nous puissions facilement nous rendre compte des différences entre les deux méthodes, voici un tableau récapitulatif :

APPROCHE TRADITIONNELLE                                      APPROCHE INDUCTIVE
1. Centré sur l'enseignant                                                    1. Centré sur l'apprenant
2. Du général (la règle) au particulier                                  2.
3. La systématisation de la règle vient en premier.             3. L'exposition à l'entrée est prioritaire. 4.
4. Apprentissage guidé par une règle donnée.                   4. L'apprentissage dépend de la découverte de la règle. 5.
5. L'apprentissage dépend de l'enseignant                        5. encourage l'autonomie de l'apprenant 6.
6. Réception passive                                                          6. Participation active de l'apprenant

Nous savons que, si nous sommes habitués à enseigner d'une certaine manière, changer de méthodologie n'est pas facile, car cela nécessite un changement d'attitude, de matériel, de recherche... Nous savons également que, selon le contexte éducatif dans lequel nous enseignons, il sera plus ou moins facile de mettre en œuvre cette méthodologie, car il existe des pays aux traditions éducatives plus traditionnelles (comme les pays asiatiques) que d'autres. Nous savons même qu'il existe certains contenus linguistiques qui se prêtent plus que d'autres à un tel traitement. 
Mais ce dont nous sommes sûrs, c'est que, si l'on doit mettre en balance les avantages et les inconvénients, les bénéfices de l'approche inductive l'emportent largement sur ceux de l'approche traditionnelle.

En termes d'avantages cognitifs, elle favorise un apprentissage plus analytique, implique l'apprenant dans des tâches de résolution de problèmes, encourage la participation active, ou encore, nous pouvons faire en sorte que les règles soient mieux mémorisées, puisque, comme nous le savons, il est plus facile de se souvenir en "faisant".

En termes d'avantages linguistiques, nous pouvons dire que les processus d'acquisition du langage naturel sont plus étroitement reproduits. Les enfants, par exemple, n'apprennent pas une langue à travers les règles données par leurs parents, mais en les découvrant et en les appliquant. De plus, comme cette approche permet facilement le travail en groupe, l'interaction dans la L1 est encouragée.

Enfin, d'autres avantages sociaux seraient d'augmenter la participation et la collaboration entre pairs, la motivation et la promotion de l'autonomie de l'apprenant qui, si on lui apprend à travailler de cette manière, sera capable de traiter des textes en dehors de la classe et de parvenir à ses propres conclusions sans avoir besoin de la figure omniprésente de l'enseignant.

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